Restauration de la mosaïque de la villla Leïhorra.

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La première photo donne une idée de l’état du sol avant la restauration de l’ensemble.  La villa tourne autour d’un patio non couvert pourvu d’une mosaïque au motif en forme de « queue de paon ». Depuis 1926 le sol subissait les caprices de la météo : vent, pluie et sel. Certaines tesselles se sont désolidarisées de leur support, d’autres endroits étaient fissurés. Le sol le long des colonnes s’était effondré. Il fallait donc restaurer l’ensemble de toute urgence. La société SOCRA près de Périgueux entreprit cette restauration. Il fallut déposer l’ensemble par panneaux (méthode la plus utilisée). D’abord on réalise un plan de dépose des éléments qui dépendent du décor. Il comprend un relevé dessiné complet avec triangulation, il quantifie le nombre de panneaux et permet un repère orthonormé. Puis on nettoie les salissures non adhérentes à la surface de la mosaïque, tout en conservant tous les joints. Il faut ensuite réaliser des solins en périphérie de la mosaïque et de chaque lacune. Celui-ci est  à base de plâtre qui permettra d’assurer le blocage du tapis de tesselles. Puis on consolide le tout. Cette opération n’est pas toujours nécessaire mais doit être envisagée pour chaque opération. Elle a pour but de renforcer la surface du matériau. Deux types de produit sont alors utilisés : silicate d’éthyle ou acrylique.Elle  permet de donner une cohérence au tapis de tesselles sous peine de le voir se disloquer.Le choix de l’adhésif et de la méthode dépend de plusieurs facteurs :des conditions hygrométriques et atmosphériques : si l’humidité est importante, on choisit un adhésif avec solvant plutôt qu’un adhésif en phase aqueuse. Il en est de même en période de gel et de la nature du support : si la dépose nécessite l’enlèvement du nucleus, voir du rudus, un renfort souple ne suffit pas, il faut y ajouter une structure rigide en bois ou nid d’abeille. Le choix de l’adhésif doit être un compromis entre son efficacité et sa réversibilité. L’évolution actuelle des résines tend à préférer : l’émulsion acrylique, l’alcool polyvinylique, résine acrylique, émulsion acrylique. Le tissu le plus utilisé est soit de la toile de coton ou singalette (mousseline de coton)L le découpage de la mosaïque dépend de l’adhérence des tesselles au support et de la dureté de ce dernier. Lorsque les tesselles sont peu adhérentes, une découpe au cutter de l’entourage entre les tesselles est suffisante. Lorsque celles-ci adhèrent au nucleus, il faut enlever une rangée de tesselles, la remplacer par du plâtre et le scier avec le nucleus. Il est bien évident que la découpe doit être réalisée de préférence sur des fissures. La dépose est généralement utilisée par une mise en place de longueur adéquate, que l’on fait pénétrer horizontalement dans le plan de stratification qui sépare le nucleus du rudus. Les lames sont mises en place côte à côte, parallèles entre elles et enfoncées avec prudence. Dans certains cas, il est nécessaire d’enfoncer ces lames en-dessous du rudus. La mosaïque est séparée reste du pavement, on soulève alors à l’aide de barres de fer et on glisse un panneau de bois, puis on procède au retournement du panneau en bois numéroté, permettant d’intervenir sur la face arrière de la mosaïque. Les mosaïques sont débarrassées sur la partie postérieure des vestiges de leur ancien support puis une toile de verre est de nouveau collée permettant de donner une cohérence au panneau. Les panneaux ainsi entoilés à la fois sur la face arrière et avant sont débarrassés de la toile de dépose par application du solvant ayant servi à diluer l’adhésif, puis collés sur des panneaux nid d’abeille présentant l’avantage d’être résistants et imputrescibles.Le traitement des lacunes est obligatoire quelque soit la solution adoptée. Il n’est pas possible de conserver les lacunes pour une raison simple : chaque tesselle est une clef qui bloque les tesselles voisines. Un seul trou subsiste, c’est la cohésion du tapis qui est compromise. Le traitement des lacunes est à étudier cas par cas, en fonction de la dévolution de la mosaïque. On utilise du stuc à base de chaux et de briques pilées se rapprochant le plus avec l’aspect de la couche nucleus. Puis on bouche à l’aide de tesselles qui sont récupérées aux abords de la mosaïque puis lavée et triées. En complément des tesselles neuves sont débitées dans des matériaux analogues de même forme et dimensions puis posées à l’aide du stuc à base de chaux, résine, tuileau[1]/sable. Cette restauration est invisible. Après achèvement de la restauration, en fonction de l’état de surface, on procède à différentes opérations : le nettoyage. Celui-ci peut être simplement exécuté à l’aide d’eau, de brosses douce ou plus complexes de micro-abrasion avec projection d’alumine 36 u, sous une pression d’un bar environ. En fonction de la quantité d’anions solubles détectés, on effectue une extraction des sels évitant ainsi le phénomène d’érosion des calcaires.Le procédé le plus courant est l’application de compresses humides qui par imbibition, font migrer les sels. Après séchage, cette opération est renouvelée jusqu’à l’obtention d’une teneur en anions solubles acceptable. Il reste à veiller à la conservation des oeuvres. Il est bon de savoir que toute structure minérale est poreuse et que les matériaux pierreux sont sensibles à l’humidité, la chaleur, le gel, la dilatation hydrique, les agressions biologiques et mécaniques. Celle-ci enfouie puis dégagée est imprégnée de sels. Pour cela, indépendamment de leur état actuel, les pavements et les mosaïques, après traitement devront obligatoirement être soumis à certaines conditions : 1. Protection contre les intempéries : lorsque la présentation du pavement est à l’air libre, il est nécessaire d’éviter une pénétration trop importante de l’eau, surtout à l’approche des périodes froides grâce à la pose d’un plastique évacuant l’eau en périphérie. La pose de la verrière va pallier l’inconvénient d’un sol à découvert. 2. Protection contre la poussière, les salissures et les visiteurs : il faut éviter le contact des visiteurs avec le tapis de tesselles, provoquant à la longues une érosion ainsi que des tassements différentiels et préférer le nettoyage par aspiration plus que par balayages. C’est pourquoi lors des visites il est demandé aux visiteurs de ne pas marcher sur la mosaïque mais de la regarder avec les yeux. Pour les VISITES se renseigner à L’OFFICE du TOURISME de CIBOURE. Ou les mercredis de juillet, août et septembre 10 h devant la villa. Bienvenue à la villa Art déco Leïhorra, chef d’oeuvre de Joseph Hiriart.  


 
[1] Le tuileau est formé de tuiles ou de briques broyées. Il entre dans la composition du mortier antique romain dit mortier au tuileau.
 

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Villa Leïhorra

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