Un vitrail de Gruber à la villa Leihorra.

Ecrit par villa sur . Publié dans Non classé

L’Exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris en 1925, réserve une place importante au vitrail : Gruber est le président de la classe du vitrail.  Il va mêler des verres industriels, transparents ou translucides, imprimés à cabochons taillés à facettes et à du verre chenillé opalescent. Il a toujours été épris de lumière, soit en la maitrisant pour élaborer une ambiance trouble et mystérieuses dans ses productions d’avant-guerre ou encore comme une source de clarté et de vibration. Il rejoint en cela les préoccupations des architectes des années 20 qui cherchent à faire entrer le maximum d’air et de lumière dans les habitations. Gruber tempère les effets trop crus des verres noirs et blancs en faisant fabriquer des verres neutres ou légèrement teintés : « Presque sans couleur, ils sont néanmoins susceptibles de se réchauffer au contact d’un ton soutenu. Désormais, je m’appliquais toujours à disposer sur le champ de mes verrières quelques tons primaires qui suffisent à en définir la coloration comme valeur. Un jeu de verres les rejoint : ils empruntent à leur voisinage une saveur qu’ils n’ont pas à la main, mieux, ils modèlent le vitrail sans le trouer et bien souvent, suggèrent l’indication d’un volume qui satisfait la vue sans l’arrêter ». La lumière devenant un élément primordial, le graphisme évolue : le dessin est sobre et ferme. Les lignes en longues envolées, accentuent le dynamisme de la composition. Avec la multiplicité des verres employés, le réseau serré des lignes de fuite rend ses compositions un peu difficiles à lire. A Leïhorra, il travaille sur plusieurs plans superposés, produisant un vitrail à double effet apparent et transparent qui vibre avec la lumière et « présente le soir l’effet d’un immense motif de joaillerie ». Il montre une attirance pour le surréalisme avec l’emploi de points de fuite différents.  Ici le vitrail illumine la cage d’escalier. Il est le reflet d’un dessin audacieux et d’un graphisme enlevé. Cette ode au Pays basque représente la montagne Larrun (le bon pâturage). Le vol de trois oiseaux est sans doute des palombes et non des mouettes comme certains l’ont suggéré. Le soleil pointe difficilement à travers les nuages comme il se doit.

L’ensemble (5,10 m2) de Jacques Gruber, maître verrier nancéien membre fondateur de l’Ecole de Nancy, orne la façade sud et correspond à l’accès de la demeure composé d’un ouvrant (porte d’entrée) et de panneaux fixes. Il est posé en bain de mastic maintenu par des pare-closes vissées côté intérieur pour un total de quinze panneaux. Le travail a été précédé d’une étude attentive des panneaux qui ont été ensuite sortis de leur châssis non sans embarras car les vis étaient fort récalcitrantes. L’ensemble a été transporté au sein de l’atelier. Un relevé par frottis de chaque élément  a été effectué et annoté : largeurs et profils des plombs, puis l’ensemble fut démonté et nettoyé morceaux par morceaux. Les plombs utilisés pour le montage des verres sont de longueur et largeur variables. Le plus large fait 9 mm et le plus étroit 3mm. Ils ont la particularité, dans bien des cas, d’être profilés afin de donner une meilleure lecture. Les verres utilisés sont de différentes fabrications. On y trouve des verres imprimés (verre à relief dit « verre pauvre »), des verres soufflés, des verres laminés et des cabochons en verre façonnés. Ces éléments sont parfois doublés dans le but d’amener des textures supplémentaires. Certains de ces vitrages proviennent des Etats Unis d’Amérique et plus précisément des ateliers de Louis Confort Tiffany. Afin de rester dans l’esprit du vitrail original et de retrouver les textures et les aspects des verres d’origine, il a été nécessaire d’assembler deux verres ensemble (verre américain provenant des verreries Wissmach). La coloration de l’œuvre est très peu marquée. Les tons utilisés sont doux et les couleurs neutres dans l’esprit de ces années Art déco. Le remontage à neuf terminé, il a été procédé au masticage, opération qui consiste à faire pénétrer sous les ailes de plomb ouvertes une pâte qui va assurer la rigidité et l’étanchéité du vitrail, sans pour autant durcir afin de laisser un peu de jeu. L’ensemble a été reposé dans son ossature d’origine. Il ne reste plus qu’à le nettoyer de temps à autre à l’eau sans additifs à l’aide d’une éponge humide.

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Commentaires (1)

  • xavier paris

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    c’est très bien mais on aimerait voir des photos de détails de ces vitraux et d’autres réalisations.
    merci.

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Villa Leïhorra

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